Vous êtes auto‑entrepreneur et vous cherchez une solution de financement pour un véhicule ou un matériel sans mobiliser de trésorerie importante ni présenter un bilan comptable détaillé ? Le marché propose plusieurs formules de leasing : LOA (location avec option d’achat), LLD (location longue durée) et crédit‑bail. Chacune a ses spécificités. Cet article détaille les avantages, limites, coûts et démarches pour constituer un dossier solide, même sans bilan.
LOA vs LLD : différences essentielles
La LOA permet de louer un véhicule sur une durée déterminée avec la possibilité d’acheter en fin de contrat en levant l’option d’achat sur la valeur résiduelle. La LLD est une location pure sans option d’achat, souvent proposée avec des services inclus (entretien, assistance, assurance flotte). Le choix dépend de votre objectif : devenir propriétaire à terme (LOA) ou lisser vos charges et externaliser la gestion du véhicule (LLD).
| Critère | LOA | LLD |
|---|---|---|
| Option d’achat | Oui, valeur résiduelle | Non |
| Services inclus | Souvent en option | Souvent inclus (pack full) |
| Flexibilité kilométrique | Forfaits et pénalités possibles | Forfaits et pénalités possibles |
| Impact fiscal | Charges locatives, pas d’amortissement | Charges locatives, pas d’amortissement |
Peut‑on obtenir un leasing sans bilan ?
Oui, de nombreux établissements acceptent des dossiers sans bilan complet, en particulier pour les auto‑entrepreneurs. L’acceptation repose alors davantage sur la capacité de remboursement démontrée via les relevés bancaires, le chiffre d’affaires récent, et les garanties proposées. Les leviers les plus efficaces sont :
- un apport personnel substantiel pour réduire le financement ;
- la présentation de relevés de compte positifs et réguliers sur plusieurs mois ;
- la preuve de contrats clients ou de factures récurrentes ;
- un garant ou co‑signataire (personne physique) qui sécurise le prêt ;
- le recours à un courtier spécialisé qui connaît les offres dédiées aux micro‑entrepreneurs.
Constitution du dossier : pièces à fournir
Pour maximiser vos chances, préparez un dossier clair et complet. Les pièces généralement demandées sont :
- pièce d’identité en cours de validité ;
- justificatif d’inscription (extrait Sirene ou attestation URSSAF) ;
- relevés bancaires des 3 à 6 derniers mois ;
- devis ou bon de commande du véhicule / matériel ;
- factures clients récentes ou contrats d’engagement ;
- justificatif de domicile ;
- éventuellement déclaration de chiffre d’affaires ou avis de situation URSSAF.
En l’absence de Kbis (qui n’existe pas pour les micro‑entrepreneurs), les loueurs acceptent souvent une attestation d’inscription et des preuves d’activité (factures, contrats, relevés). Un courtier peut indiquer quels documents remplaceront avantageusement un bilan.
Coûts réels à prévoir et effets fiscaux
Ne vous focalisez pas uniquement sur la mensualité annoncée. Calculez l’ensemble des coûts : mensualités, assurance professionnelle, entretien, pneumatiques, franchise en cas de sinistre, et pénalités de dépassement de kilométrage. Exemple indicatif pour une LOA moyenne :
| Élément | Estimation |
|---|---|
| Mensualité LOA | 200 € – 450 € |
| Assurance professionnelle | 30 € – 120 € |
| Entretien & pneumatiques | 20 € – 80 € (ou inclus selon pack) |
| Pénalités kilométrage | 0,10 € – 0,50 € / km au‑delà du forfait |
Côté fiscal, sous le régime micro, vous ne pouvez pas amortir le véhicule ni déduire l’intégralité des charges comme le ferait une entreprise soumise à l’IEn revanche, les loyers constituent une charge et diminuent le résultat imposable calculé selon le régime micro‑fiscal qui applique un abattement forfaitaire au chiffre d’affaires. Enfin, les micro‑entrepreneurs ne récupèrent pas la TVA sauf optique inversement pour les activités assujetties et selon la nature du contrat.
Conseils pratiques avant de signer
- Comparez plusieurs offres et lisez attentivement les clauses de restitution (usure, état, frais).
- Vérifiez la valeur résiduelle en LOA et calculez le coût total si vous levez l’option d’achat.
- Demandez un détail des services inclus (entretien, prêt d’un véhicule de remplacement, assistance).
- Simulez différents kilométrages pour anticiper les pénalités.
- Si vous prévoyez un usage intensif, favorisez une formule avec forfait kilométrique adapté ou optez pour l’achat si le calcul est plus intéressant à long terme.
Alternatives et solutions complémentaires
Si un loueur refuse un dossier sans bilan, pensez aux alternatives : leasing via un co‑signataire, apport plus élevé, recours à une société de leasing spécialisée PME/auto‑entrepreneurs, location entre professionnels ou achat d’occasion financé par un crédit classique. Travailler avec un courtier permet souvent d’accéder à des offres dédiées et à des conditions plus souples.
La LOA reste une option intéressante pour un auto‑entrepreneur qui souhaite garder une porte vers la propriété tout en lissant ses dépenses. La LLD est préférable pour ceux qui veulent externaliser la gestion du véhicule et maîtriser leurs charges mensuelles. Pour monter un dossier sans bilan, réunissez justificatifs d’activité, relevés bancaires, apport éventuel et, si possible, un garant. Avant de signer, faites toujours une simulation complète intégrant tous les coûts annexes. Si vous le souhaitez, renseignez votre chiffre d’affaires, votre activité et le kilométrage prévu pour obtenir une estimation ciblée ou pour préparer votre dossier à présenter à un courtier.














